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réseau de chapelles et d’églises nord-catalanes
est dense, il signale l’importance historique de la ferveur
religieuse du pays. Ce patrimoine détient une singularité
qui le distingue autant de la France dans son ensemble que du
reste de la Catalogne : plus de 500 retables de style baroque
sont répertoriés dans le pays, de nombreuses églises
en possèdent plusieurs, rivalisant de sagesse ou de naïveté
réaliste. Ainsi, une longue liste de ces éléments
patrimoniaux illustre l'art du XVIème au XIXème
siècle à Illa, Vinçà, Prada, Baixàs,
Canet, Perpinyà, Trullars, Oms, Hix…
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| Retable
de Sant Feliu d'Avall (région du Rosselló) |
Ces
retables racontent l’histoire du pays, isolé de l’ensemble
catalan par le Traité des Pyrénées de 1659,
restant fidèle à sa propre expression artistique
grâce aux sculpteurs barcelonais qui ne cesseront de travailler
dans les lieux saints : Sunyer, Tremullas et Generés
sont les principaux artistes mainteneurs du langage religieux
catalan, lors d’une période à forte connotation
catholique. Au lendemain de la réforme liturgique du
XVIIème siècle, chaque contrée européenne
adaptant les retables à sa personnalité, la Catalogne
optera pour le bois doré, dans un style baroque triomphal
que l’Histoire de l’Art parisienne qualifiera de démonstratif,
comparé au classicisme français, perçu
comme rigide en terre catalane. Ce langage artistique religieux,
commun à la sphère hispanique, définit
l’esprit catalan d’alors. L’expression du peuple catalan se
retrouve dans les figures sculptées, mouvementées
et théâtrales, qui reflètent la réalité
sociale d’époques empreintes de difficultés. Malgré
la précarité des couches populaires, ces riches
créations, réels ruissellements d’or, ont reçu
une aide généreuse qui résume la ferveur
des fidèles. Les retables baroques nord-catalans, aujourd’hui
mis en valeur, sont un signe fort du génie artistique
catalan. Toujours appréciés par les Nord-catalans,
leur profusion et leur qualité artistique leur assurent
aussi l’intérêt du tourisme spirituel.
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