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que soit leur parcours de vie, les Catalans du Nord obéissent
à une règle du jeu dans laquelle, plus ou moins
consciemment, chacun se reconnaît. Après une jeunesse
catalane, les contraintes économiques poussent de nombreux
habitants à l’exil "França endins" (dans
l’intérieur de la France). Ce phénomène,
apparu au lendemain de la seconde guerre mondiale, accéléré
dans les années 1960 suite à la crise économique
catalane, a offert à plusieurs générations
de jeunes femmes et de jeunes hommes une carrière notamment
dans la moitié Nord de la France. Dans cette vague d’exil
économique, les métiers du service public ont
séduit, au nom d’une mobilité d’émancipation
qui a néanmoins épargné les habitants de
la région parisienne, disposant d’emplois de proximité.
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Cette
fuite des cerveaux, véritable soustraction démographique,
a conduit à un recul du lien social, une perte de dynamisme
et un déficit de créativité dans un pays
catalan déjà marginalisé par l’Histoire.
Aujourd’hui en léger déclin, ce mouvement donne
lieu à deux comportements contrastés : le vécu
nordiste justifie le ré-enracinement chez certains, qui
s’engagent dans la défense de la Catalogne du Nord et
retrouvent l’usage de la langue dès leur retour au pays
à l’heure de la retraite. Selon ce mécanisme de
compensation, la première et la dernière partie
de la vie sont celles de la spontanéité. D’autres
Catalans du Nord, fondus dans le moule centralisé, convaincus
que l’éloignement définitif conditionne la réussite,
s’efforcent d’effacer leur personnalité catalane… mais
laissent échapper leur accent naturel catalan lors de
situations émotionnelles intenses. La retraite venue,
alors devenus des personnes de simples origines catalanes, ceux-ci
poursuivent leur vie dans la région française
où s’organise leur univers familial, où leurs
habitudes sont ancrées. Ces deux comportements, librement
choisis, sont une constante du portrait catalan.
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