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adhésion
à l’identité catalane est une démarche
affective sans équivalence officielle, nous avons là
une identité sans papiers : dépourvue d'existence
légale, la catalanité en France est une valeur
abstraite qui correspond cependant à une réalité
sociale. La Catalane et le Catalan sont ceux qui manifestent
le désir de l'être et effectuent une adhésion
de cœur à la collectivité catalane, au rythme
qui leur convient. Cet esprit volontaire rappelle le modèle
sud-catalan, exemplaire en Europe, où l'individu catalan
est "aquell qui ho vol ser" (celui qui souhaite
l’être). La catalanité n’est pas plus une contrainte
en Catalogne du Nord où elle constitue néanmoins
un avantage d’intégration.
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Certaines
tendances archaïques invitent parfois à considérer
Catalans les seuls individus de souche et définissent
l'identité par des caractéristiques dangereusement
ethniques ou linguistiques : ce point de vue, opposé
à dynamique catalane du droit du sol et du désir
d’exister, est voué à une disparition accélérée.
En cela, le concept de "nouveaux Catalans" diffusé
par le Conseil Général des Pyrénées-Orientales
permet d’ouvrir la porte de l’intégration de tous aux
valeurs identitaires catalanes, dans les limites offertes par
la légalité : l’absence de caractère officiel,
de protection et de promotion publique de la catalanité
en France ralentit son développement et tend à
fragiliser l’équilibre sociologique du pays, le partage
d’une culture réelle dépourvue de valeur légale
comportant une somme de difficultés. Le paradoxe nord-catalan
est remarquable en Europe : les Catalans du Nord, citoyens français,
n’existent pas légalement sur leur territoire, mais jouissent
de reconnaissance à quelques kilomètres, puisque
la constitution espagnole reconnaît, dans une certaine
mesure, la pluralité nationale de l’Espagne. Pour recouvrir
momentanément leur personnalité, certains multiplient
leurs séjours en Catalogne du Sud, dans un mouvement
renforcé par l’effacement de la frontière d’État.
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